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Après sa période puriste, J.D. se sent
beaucoup plus libre car il a réussi à éliminer
ce que l'on pourrait nommer ses "automatismes figuratifs " (V.
Nombre d'or). Il peut maintenant
concevoir qu'une non-figuration systématique n'est pas l'essentiel
et que tout œuvre valable est celle où - incontrôlé
au départ - un sentiment est enclos " (J.D. à
Jean Grenier, 1960).
Ayant décidé vers la fin des années
cinquante de travailler et de vivre dans le Vaucluse, il éprouve
souvent une sorte d'émotion panthéiste devant ce qu'il
appelle " le spectacle de la nature ". Progressivement, il découvre
de nouvelles possibilités d'expressions plastiques tirées
(" abstraites ") de certains paysages. Mais pour lui: " L'art
véritable a été créé par l'homme
mais pas en copiant la nature. La nature est informelle.
Si nous admirons la forêt c'est qu'elle a été
façonnée par l'homme. Et une montagne tient
sa grandeur du fait qu'une route a été découpée
sur ses flancs. " (Ibidem).
Avant le travail, ou pendant qu'il est en train
de peindre, J.D. ne cherche jamais à analyser le sentiment
à l'origine d'une peinture. " Cela aurait plutôt
tendance à me gener, soit que je tente alors de m'y conformer,
soit que je m'efforce d'y introduire cette allusion figurative qui
ne s'y trouvait pas au départ. " (Ibidem).
Et de toute façon, le " spectacle " catalyseur
des sentiments du peintre ne doit pas avoir d'importance pour le
spectateur puisque le véritable enjeu du tableau est la communication
d'une émotion par des moyens exclusivement plastiques. (V.
Repro. de " Joël "
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Jöel op.706 (1962)
Tempera sur toile, 97 x 130 cm
" Toiles médiatrices d'espace, toiles de nuit toute
ajourée. De la terre, elles ont conservé
les senteurs, la lumière, les menus bruits et son
grand silence peuplé d'élytres et d'ailes
: ocres de Roussillon, rochers de Gordes ou de Ménerbes,
pierres des bories, paysages méditerranéens
d'une architecture à la fois minérale et sidérale.
Tout est là, chez Deyrolle, tapi dans la discrétion
même de la couleur: le dos fauve du Lubéron,
les collines par plans superposés, la calme géométrie
des toits, la chaleur qui saisit et scintille, la grande
écriture des champs, la terre odorante et nue, les
signes du temps dans la pierre, les sentiers de garrigues,
la nuit limpide et bleue. " [Jean-Pierre
Geay, Deyrolle, une peinture bien tempérée.
V. Biblio.] |
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