Jean DEYROLLE, Gordes 1966
Jean DEYROLLE
 
Peintre 1911 -1967
 
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VAUCLUSE et NATURE .
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    Après sa période puriste, J.D. se sent beaucoup plus libre car il a réussi à éliminer ce que l'on pourrait nommer ses "automatismes figuratifs " (V.  Nombre d'or).  Il peut maintenant concevoir qu'une non-figuration systématique n'est pas l'essentiel et que tout œuvre valable est celle où - incontrôlé au départ - un sentiment est enclos " (J.D. à Jean Grenier, 1960).

   Ayant décidé vers la fin des années cinquante de travailler et de vivre dans le Vaucluse, il éprouve souvent une sorte d'émotion panthéiste devant ce qu'il appelle " le spectacle de la nature ". Progressivement, il découvre de nouvelles possibilités d'expressions plastiques tirées (" abstraites ") de certains paysages.  Mais pour lui: " L'art véritable a été créé par l'homme mais pas en copiant la nature.  La nature est informelle.  Si nous admirons la forêt c'est qu'elle a été façonnée par l'homme.  Et une montagne tient sa grandeur du fait qu'une route a été découpée sur ses flancs.  " (Ibidem). 

   Avant le travail, ou pendant qu'il est en train de peindre, J.D. ne cherche jamais à analyser le sentiment à l'origine d'une peinture.  " Cela aurait plutôt tendance à me gener, soit que je tente alors de m'y conformer, soit que je m'efforce d'y introduire cette allusion figurative qui ne s'y trouvait pas au départ.  " (Ibidem). 

   Et de toute façon, le " spectacle " catalyseur des sentiments du peintre ne doit pas avoir d'importance pour le spectateur puisque le véritable enjeu du tableau est la communication d'une émotion par des moyens exclusivement plastiques. (V.  Repro. de " Joël "

Jöel op.706 (1962)

Tempera sur toile, 97 x 130 cm

     " Toiles médiatrices d'espace, toiles de nuit toute ajourée.  De la terre, elles ont conservé les senteurs, la lumière, les menus bruits et son grand silence peuplé d'élytres et d'ailes : ocres de Roussillon, rochers de Gordes ou de Ménerbes, pierres des bories, paysages méditerranéens d'une architecture à la fois minérale et sidérale.  Tout est là, chez Deyrolle, tapi dans la discrétion même de la couleur: le dos fauve du Lubéron, les collines par plans superposés, la calme géométrie des toits, la chaleur qui saisit et scintille, la grande écriture des champs, la terre odorante et nue, les signes du temps dans la pierre, les sentiers de garrigues, la nuit limpide et bleue.  " 
[Jean-Pierre Geay, Deyrolle, une peinture bien tempérée.  V. Biblio.] 
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