Jean DEYROLLE, Gordes 1966
Jean DEYROLLE
 
Peintre 1911 -1967
 
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TECHNIQUE .
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    Avant de réaliser un tableau, J.D. fait presque toujours un croquis plus ou moins précis, une esquisse colorée ou un dessin gouaché, et cela dès son époque Sérusier.  Dans la période puriste, utilisant le Nombre d'or, il fait des études beaucoup plus poussées sur le papier avant d'entreprendre le travail sur la toile, et les marges des dessins sont pleins de rapports mathématiques.  D'autre part, indépendamment des tableaux,il réalise aussi de nombreuses œuvres sur papier: collages, gouaches, encres, pastels, fusains " gommés "...

    Vers le milieu des années cinquante, lorsqu'il revient à plus de spontanéité, il renonce complètement aux dessins préparatoires - sans pour autant cesser de dessiner.  A l'origine d'un tableau, il y a toujours pour lui la nécessité de formuler quelque chose, mais désormais, cela s'exprime directement sur la toile de lin non préparée tendue sur le chassis : J.D. y trace quelques traits au fusain, puis passe une couche d'enduit à la colle, et il reprend le dessin qui apparaît par transparence.  Ainsi, au cours des trois ou quatre couches de préparation que reçoit la toile, il précise davantage son trait, approfondissant son dessein à chaque étape.  Lorsque l'ensemble est jugé satisfaisant, il indique les valeurs à l'aide de hachures faites à la craie et au fusain.  C'est en général à cette phase qu'il prend une photographie qui servira pour le livre de raison.  Après une dernière couche de "mayonnaise " (V. § Tempera), il pose enfin la couleur à l'aide de brosses et de couteaux à peindre.

   Il arrive qu'une dizaine de toiles soient sirnultanément mises en œuvre, car le peintre entrecoupe délibérément son travail de tâches matérielles qu'il tient à exécuter lui-même : ainsi, il tend la toile sur le chassis dont le format est choisi à chaque fois, il prépare l'enduit, la tempera et il broie soigneusement les poudres de couleur... C'est durant ce long processus d'élaboration qui peut s'étaler sur plusieurs jours, parfois sur des semaines, que J.D. se " représente " la couleur qui semble s'imposer d'elle-même, ses possibilités, sa nécessité émergeant comme naturellement du dessin.  Très rarement, mais cela arrive aussi, l'origine du tableau se trouve dans un désir de couleur, et dans ce cas, c'est le graphisme - avec en général une grande importance du geste- qui apparaît dans le second temps.

    C'est uniquement pour des raisons d'ordre pratique que dans les années soixante, lorsqu'il se trouve à Munich, J.D. revient aux peintures sur papier de format " Raisin " ou " Jésus ", et qu'en 1967, pendant ses séjours forcés à l'hôpital, il recommence à dessiner avec son stylographe à plume, remplissant plusieurs petits camets de compositions aux hachures légères.

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1998-2002
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