| Après la sorte
de révélation éprouvée par J.D.
et Charles Estienne à Chateauneuf-du-Faou
lorsqu'ils découvrent ensemble l'œuvre et les écrits
de Paul Sérusier, J.D.
est à tel point influencé par le théoricien
nabi, qu'appliquant ses formules à la lettre, il le démarque
totalement pendant plus d'un an, allant jusqu'à peindre les
paysages de la vallée de l'Aulne du même " point de
vue "... (V repro ci-dessous)

" Femme à la coiffe "
Repro. du tableau du Musée départemental du Prieuré
à Saint-Germain-en-Laye (78)
|
Mais il sait aussi, grâce
à l'A B C de la peinture, que c'est seulement une période
passagère. Il doit ensuite " prendre possession de lui-même
", " créer des formes nouvelles ".
| " Les formules restent utiles tant que subsiste
l'idée qui leur a donné naissance. Plus
tard, elles deviennent un mécanisme inintelligent; il
faut alors les abandonner. " (P.
Sérusier). |
J.D. abandonne le code formel nabi en
1943, mais il est d'accord - et il le restera toujours avec la conception
spiritualiste et individualiste de l'art défendue par Sérusier.
Il revendique pour lui aussi les trois points fondamentaux du Nabisme
exposés en 1890 par Maurice Denis dans son fameux article
d'Art et critique, et résumé par lui-même
quelques années après:
| " Le tableau, une surface plane recouverte
de couleurs en un certain ordre assemblées ; l'art, sanctification
de la nature ; l'expression par l'oeuvre elle-même et
non par le sujet représenté. " [Théories
1890-1910, Bibliothèque de l'Occident]. |
C'est justement dans la mesure ou le Nabisme
n'est pas un mouvement comme les autres, c'est-à-dire fermé
sur lui-même, mais plutôt une conception ouverte de
l'art, qu'il a donné, à un peintre du milieu du XXe
siècle comme J.D.,Ies moyens de traduire selon son
tempérament, selon son époque et sur le mode abstrait,
l'harmonie de la nature et sa relation fervente à l'univers. |