Jean DEYROLLE, Gordes 1966
Jean DEYROLLE
 
Peintre 1911 -1967
 
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ESTIENNE (Charles) .
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Brest 1908 - Paris 1966.  Professeur d'histoire et de géographie, Estienne fait au printemps 1938 la connaissance de J.D. grâce à une de ses collègues professeur à Brest, Odile Vacherot (V.  Degand), qu'il épouse quelques mois plus tard.  Passionné de peinture, il se lie très vite d'amitié avec J.D. Ensemble, ils découvrent en 1941 l’œuvre et les écrits de Paul Sérusier.  Trois ans plus tard, J.D. " passe la ligne " de l'abstraction ; il présente Estienne à Domela, à Lanskoy, à Magnelli, à Nicolas de Staël... Nommé à Paris, Charles Estienne tient alors la rubrique artistique de l'hebdomadaire de Henri Thomas, Terres des Hommes, pour lequel J.D. fait des illustrations afin de gagner un peu d'argent... Après la disparition du journal, Estienne entre à Combat; il collabore aussi à Art d’aujourd’hui et à L'Observateur (plus tard France-Observateur).  C'est aux éditions de Beaune, dirigées par Suzanne de Coninck, que Charles Estienne fait paraître en 1950 son pamphlet L'art abstrait est-il un académisme ? contribuant ainsi à déclencher la" querelle du chaud et du froid ".  L'année suivante, il fait publier aux mêmes éditions l'ouvrage de Kandinsky, Du Spirituel dans l'art.

Estienne et J.D. resteront très proches jusqu'au début des années cinquante, le critique d'art défendant par la suite la nouvelle tendance " tachiste "... J.D. participe à beaucoup d'expositions de groupe organisées par Estienne : " Peinture et Poésie " à la Galerie des Deux Iles, " Peintures et sculptures abstraites " chez Colette Allendy, " Peintres de la Nouvelle Ecole de Paris " à la Galerie de Babylone, " La Rose de l'insulte " à la Hune, " Pérennité de l'art gaulois " au Musée pédagogique (en 1955)...

" Deyrolle est authentiquement abstrait, puisqu'il n'éprouve aucun besoin de partir des données extérieures du monde extérieur, et que, pour lui, le problème consiste à partir de données purement plastiques pour aboutir à un fait plastique pur ; je précise, à un fait esthétique basé sur des éléments plastiques rigoureusement et strictement purs... Mais, entre ces deux pôles, il y a la gamme - infinie, au pied de la lettre des émotions et des sentiments que l'on éprouve en étant au monde et dans le monde.  C'en est assez, si l'on peut dire, pour laisser à la porte les exercices de style et donner, à l’œuvre plastique, cette pluralité de signification, cette harmonie qui est celle des rythmes naturels, cette respiration enfin et cette sorte d'aise où l'on connaît que Deyrolle est entré en possession et en maîtrise du domaine d'art et de monde, qu'il a entrepris de défricher... " 
[" Jean Deyrolle ou la continuité de la Peinture ", Art d’aujourd’hui, avril-mai 1951]. 
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