Jean DEYROLLE, Gordes 1966
Jean DEYROLLE
 
Peintre 1911 -1967
 
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Biographie succinte

1911 J.D. naît le 20 août près de Paris, à Nogent-sur-Marne, où son père, médecin militaire, est en garnison.

1912 A la suite d'autres affectations, la famille Deyrolle s'installe à Vannes, puis à Quimper (V § Bretagne).

1924 Mort de son père.  J.D. va vivre alors chez sa grand-mère à Concarneau.  Etudes à l'Ecole primaire supérieure.

1928 Il entre en octobre à l'Ecole " Art et Publicité " dont il suit les cours à Paris pendant trois ans.

1932 Il retourne à Concarneau et il commence à peindre en autodidacte, travaillant parfois avec sa cousine Jeannine Guillou.

1934 Ayant obtenu une bourse de deux mois à Rabat, il part en novembre pour l'Afrique du Nord.  Il y restera quatre ans, revenant cependant passer les mois d'été en Cornouaille.  Il fait une quinzaine d'expositions au Maroc et en Bretagne.  Rencontre de Nicolas de Staël avec qui il voyage en Algérie (V. § Formation).

1938 Il rentre définitivement en France fin mars.  Il s'installe à Concarneau où il dispose d'un atelier dans la maison de famille.  Rencontre de Charles Estienne.  La peinture devient sa raison d'être.

1940 Démobilisé en septembre, il rejoint de nouveau Concarneau.

1941 Découverte de l'oeuvre de Paul Sérusier.  Influence formelle passagère mais intense du théoricien du Nabisme.

1942 Départ pour Paris, et location d'un atelier 63, rue Daguerre.  Rencontre de Jeanne Bucher et de César Domela.

1943 Recherche d'une expression différente par la déformation de l'objet.  Grâce à Domela, il se dégage progressivement de la figuration.  Fin de la première période.

1944 Rencontres d'Alberto Magnelli et d'Olivier Le Corneur.  Un " incident révélateur " le décide à franchir le seuil de l'Abstraction.  Début de la 2e période.  Jeanne Bucher acquiert ses premières peintures non-figuratives.

1945 Son envoi au Salon des Surindépendants est remarqué par Wilhelm Uhde qui commence à collectionner ses tableaux.

1946 Il participe au " Centre de Recherche " de la rue Cujas.  Il se groupe aussi avec quatre autres jeunes peintres : ils exposent ensemble leurs " peintures abstraites " à la Galerie Denise René qui n'a pas encore une orientation très précise... J.D. reçoit le Prix Kandinsky.  Pendant la douzaine d'années qui suit, il participera aux principales manifestations collectives d'art abstrait organisées en France et dans le monde.

1947 Découverte de Gordes.  Aux peintures de " l'époque Uhde ", succèdent maintenant les toiles de " l'époque gardienne ".

1948 Après sa première exposition personnelle à Paris depuis qu'il est devenu abstrait, commence la 3e période (qualifiée de " puriste " par J.D. lui-même) pendant laquelle il utilise le Nombre d'or pour construire ses compositions afin de se libérer des derniers vestiges de figuration.  Parmi les principales séries " Imbrications géométriques ", " Les pierres ", " Les rois du lino " (V. § Périodes époques, séries). Il recherche alors une plus grande participation du spectateur en lui donnant la possibilité de jouer optiquement avec les différentes formes du tableau afin qu'il crée lui-même un " espace mouvant ".

1949 A la suite de la rencontre de Robert Jacobsen à Paris, premier long séjour dé J.D. à Copenhague à l'occasion de son exposition chez Birch, et premier album de lithographies.

1950 Premier séjour en Allemagne pour son exposition chez Otto Ralfs à Brunswick.

1951 Il adopte définitivement la tempera, ce qui modifie profondément sa palette et sa technique.

1953 Mort de sa mère.  Expérience de l'enseignement pendant un an à l'académie de Femand Uger.  Invité à la Biennale de Menton.  Apparition vers Pâques d'une nouvelle série charnière " Les chats dans le placard ", où le problème d'espace mouvant perd de son importance. 1954 Début de la 4e période qui dure jusqu'en 1962.  Il est " repris par un certain romantisme " (J.D.). Touche plus marquée.  Quelques séries: " Les quatre-quarts ", " Les lames ", " Les processions ".

1955 ler Grand Prix à la IIIè  Biennale de Menton.  J.D. confie plusieurs cartons de tapisseries à Marie Moulinier.

1957 Biennale de Sao-Paulo.  Diplôme d'honneur à la Triennale de Milan.  Découverte de nouvelles possibilités d'expression, d'une grand efficacité plastique, par la tranposition sur le mode abstrait de son émotion devant " le spectacle de la nature " (J.  D.) (V. § Vaucluse).  Le geste prend une importance plus grande.  Quelques séries réparties sur plusieurs années : " L'étang de Berre", " Les queues de chat ", " Orage ", " Nature animée "...

1958 Médaille d'Argent à l'Exposition Internationale de Bruxelles.  Construction d'un atelier à Gordes.  Premier voyage en Italie.

1959 J. D. accepte un poste de professeur à l'Académie de Munich.  Cette nomination, et les déplacements que cela entraîne, contribue en partie à sa décision de s'installer complètement à Gordes où, loin de Paris, il peut travailler dans le calme.

1960 Biennale de Venise.  Il est nommé Chevalier des Arts et Lettres.

1961 Biennales de Tokyo et de Sao-Paulo.  Il organise un séminaire d'été à Gordes pour ses élèves.  L'effet sur sa peinture des séjours en Bavière se manifeste dans la série " Barroco ".

1962 Deuxième voyage en Italie et visite de Vérone, Vicence et Venise (les 3 V).  Début de l'expérience du " rêve éveillé "en novembre, et répercussions sur une série de toiles qui présentent toutes de façon plus ou moins nette des figures anthropomorphes.


1963 Début de la 5e - et dernière - période de J.D. : il réalise la synthèse de ses recherches précédentes.  Le cercle réapparaît dans les compositions.  Séries des " 3 V " et des " Autoroutes ".

1964 Invité d'honneur à la Biennale de Menton.  Sur la demande du professeur Meyerson, il fait un exposé sur son travail de peintre.

1966 Première rétrospective à la Galerie Denise René.  Livre avec Robert Pinget.  Voyage de deux mois en Grèce et dans les îles des Cyclades.  Série des " Cercles transpercés " d'une faille oblique.

1967 Son état de santé qui s'altérait depuis plusieurs années empire brusquement en février.  Il est fin avril dans l'obligation d'aller habiter Toulon pour y suivre deux jours par semaine un traitement de dialyse périodique.  Il loue un appartement dominant la rade, il recommence à peindre (série des " Voilures "), à travailler au projet du livre avec Samuel Beckett, et il fait même le trajet de Munich pour donner son dernier cours du semestre...
Au cours de la vingt-neuvième séance de dialyse, le 30 août, J.D. meurt d'une crise cardiaque.  Il venait d'avoir cinquante-six ans.

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